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jeudi 8 août 2019

Quels enjeux pour le Rendez-vous 2019 de Moncton du Réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique RVFFA dans les croisières culturelles de 50 à 400 passagers?


Source : Rapport de la CLIA 2019: de plus en plus de nord-américains dans les croisières  


Depuis sa création en 2015, une note d'originalité du Réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique RVFFA fut la reconnaissance par des décideurs du Rendez-vous 2017 de Québec du RVFFA du potentiel de création de richesse des croisières culturelles maritimes et fluviales de 50 à 400 passagers des principaux lieux du fait francophone nord-américain. L'état de situation de la transformation digitale de ce segment du marché favorise de plus le développement d'occasions d'affaires et l'expansion de l'écosystème du circuit marchand des données de masse appliqué aux nouvelles interfaces des médias socionumériques. La force des usages est de gommer les limites institutionnelles et théoriques d’un espace, de ne plus être contraint par le temps, et d’adapter l’offre et la demande en fonction de la météo, de la disponibilité ou la proximité par rapport à un lieu. Cet engouement profite aussi aux logiciels d'analyse des médias sociaux capables de déterminer les tendances et ruptures de l'opinion sur internet plus fiables que les sondages. 


Beaucoup de questions se posent à l'axe tourisme du Rendez-vous 2019 du RVFA qui se tiendra du 15 au 17 août à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Quels produits et expériences touristiques devraient être développés et améliorés pour les croisières culturelles maritimes et fluviales de 50 à 400 passagers? Quels sont les lignes directrices du développement durable, des partenariats et des aménagements en infrastructure? Quels sont les besoins en R&D qui pourraient être satisfaits dans une structure réunissant les parties prenantes provenant de l’université, de l’industrie et du gouvernement? Cette manière de voir s'inscrit dans le cadre d'une géopolitique du risque défini ici comme une problématique culturelle, sociale, et même morale. Car quoi qu'on en dise, nombreuses sont les conclusions politiques, économiques, religieuses que l'on tire de l'examen des faits de population visant à expliciter les dynamiques sociales et historiques contemporaines des variétés locales de la langue française des principaux lieux du fait francophone nord-américain. 


Ainsi, par exemple au Nouveau-Brunswick, depuis la Commission Byrne de 1963 sur les finances et la taxation municipale, la qualité de vie des francophones et des autochtones s'est beaucoup améliorée mais la langue française comme caractéristique culturelle, sociétale et nationale doit sans cesse être légitimée. De fait, la faible majorité accordé au Parti libéral et au Parti progressiste conservateur, respectivement lors des élections provinciales de 2014 et 2018 confirme le retour à un système des partis marqué par la division de l'électorat sur une base linguistique et religieuse. L'ère progressiste-conservateur 1970-1987 de Richard Hatfield, un anglophone protestant et de Jean-Maurice Simard, un francophone catholique, valorisant l’égalité réalisée par le prisme de l’équité à l'endroit des minorités de langue officielle est bel et bien morte. Et pour cause. Les héritiers de Lord Durham favorables à l'assimilation des francophones affirment aujourd’hui encore que la province du Manitoba était aussi bilingue à sa fondation en 1870, mais n'a pas conservé ce statut. 


C'est pourquoi le parti ministériel au Québec doit mettre à l'agenda du Sommet de Québec sur le rapprochement de la francophonie canadienne, 16 et 17 juin 2020, le respect de la Loi sur les langues officielles par les partis politiques. Car s'il est vrai  que l'ancrage assure la cohésion de la communauté politique et des accomodements nécessaires à la bonne marche de la société canadienne, il devient impératif d'inventer les moyens d'assurer cette cohésion par l'utilisation de la forme d'un dialogue de compréhension et de refondation du vivre-ensemble dans une prspective de démocratie citoyenne.
L’objectif principal est de faire du français au sein de la classe politique une langue de culture, de progrès et de civilisation plutôt que de domination et résistance. C'est dans cette logique que la viabilité des croisières culturelles de 50 à 400 passagers des principaux lieux du fait francophone nord-américain résulte d'un acte de volonté d'un triple apport : une compréhension profonde de la démocratie américaine, et positive du rôle qu'y joue le droit ; une vision du libéralisme, fondée sur l'impossibilité de dissocier le marché de la règle de droit ; un horizon d'analyse de l'agir fédéral dans ses rapports avec le cosmopolitisme et le communautarisme.








dimanche 7 avril 2019

La semaine numérique de Québec 2019 face au défi numérique de la Francophonie




Du 8 avril au 12 avril 2019 aura lieu à Québec la 4e Semaine numérique de Québec. Comme leader des réseaux d'innovation de la Francophonie, la Ville de Québec veut faire de ce rendez-vous annuel un incontournable du numérique des professionnels, des entrepreneurs et des étudiants francophone d'ici et d'ailleurs dans la Francophonie. Pour une deuxième année consécutive, la Semaine numérique de Québec constitue aussi une étape importante du Parcours Numérique Francophone qui réunit les événements numériques Web2Day de Nantes, en France; KitFestival de Namur, en Belgique, et Africa Web Festival d'Abidjan, en Côte d’Ivoire. De plus, la Semaine numérique de Québec prévoie s’ouvrir à l’ensemble de l'Afrique francophone et francophile compte tenu que le futur de la Francophonie passe par ce continent et de l’importance des besoins en logiciels et partenariats socio-économiques du continent africain dans le domaine de la 5G et les technologies de l’Internet du futur.

L'édition 2019 de la Semaine numérique de Québec porte sur l'état de situation de la Francophonie du numérique et ses avatars des technologies émergentes: les plateformes, les données massives, la fabrication additive, la robotique de pointe, l'apprentissage automatique et l'internet des objets. Il ne s'agit pas du premier événement international sur le sujet, mais son approche est différente puisqu'elle prend en compte tous les enjeux économiques relatifs aux droits de propriété. Les axes de débat tournent ainsi autour de l’intégration numérique, de la cyber-sécurité, de l’innovation, du e-commerce et e-business. Un focus particulier est mis sur l'Internet du futur qui permettra à la Francophonie de s’affranchir du processus de développement traditionnel pour accélérer une croissance économique, mais aussi de gérer leurs ressources plus efficacement et d’étendre l’accès aux services essentiels même aux populations les plus vulnérables.

Face à ce contexte qui évolue toujours, comment l'économie numérique de l'espace francophone et francophile peut-elle unir ses forces pour accroître la connectivité au profit de tous? Dans son format actuel la Semaine numérique de Québec permet aux entrepreneurs, décideurs, investisseurs, opérateurs, chercheurs d’obtenir un consensus par rapport aux technologies de l'information et de la communication. Cette initiative doit être pérennisée dans le cadre d’autres partenariats socio-économiques pour élargir le champ de réflexions afin de permettre à la Francophonie d'être en phase avec les exigences du numérique sur les cinq continents. De façon factuelle et professionnelle, la Francophonie tout comme l'Afrique n'a pas encore raté le train de la 4e révolution numérique même si elles ont des retards dans la 5G et les nouvelles interfaces de la communication. De nombreux paliers restent à franchir, notamment dans le développement des infrastructures comme les centres de données et la gouvernance des données nécessaires à l’expansion numérique du continent africain.

C'est dans cette perspective, que la Semaine numérique de Québec 2020, avec le concours du Groupe de la Banque Mondiale doit partir à la conquête du numérique en Afrique en lançant une vaste initiative de transformation digitale. L'objectif principal est d'aider les pays francophones et francophiles africains à accélérer leurs efforts, généraliser l'accès à l'Internet du futur et jeter les bases d'une économie digitale mondialisée dynamique. Ce positionnement vise à accompagner l'innovation pour l'intégration des pays en développement francophones et francophiles dans l'économie numérique. C'est pourquoi des dirigeants africains et influenceurs ont convenus de se rencontrer le 12 avril autant dans le cadre de la Semaine numérique de Québec 2019 que dans celui des Réunions du printemps 2019 du Groupe de la Banque Mondiale pour débattre des moyens à mettre en œuvre pour concrétiser ce projet à l'échelle de la Francophonie et du continent africain. Si le sujet vous intéresse, suivez en direct cet événement, partagez vos idées et prenez part à la discussion.

L’Afrique à la conquête du numérique

12 avril 2019 | 10h00 - 11h30 ET, 14h00 À 15h30 GMT

                   
                   Source : Banque Mondiale, janvier 2019



mardi 2 avril 2019

Cinq leçons pour que le tourisme et transport aérien en Afrique soient viables à terme



L'Organisation mondiale du tourisme OMT et l'Organisation de l'aviation civile internationale OACI ont tenu avec succès du 27 au 29 mars à Santa Maria en République du Cap-Vert la première Conférence ministérielle sur le développement du tourisme et transport aérien en Afrique. Les quinze activités et actions adoptées par les parties prenantes (voir table1) dans le Cadre du plan d'action traitent de gouvernance et des politiques harmonisées; de connectivitée aérienne et gestion de la destination; de financement des infrastructures et du renforcement des capacités; de facilitation des voyages; du renforcement de l'aviation et du tourisme. Cette stratégie de positionnement constitue une étape essentielle pour implanter des programmes d'assistance technique et d'aide financière favorisant la transformation digitale des entreprises touristiques et du transport aérien en Afrique. Et pour cause.

La transformation digitale des entreprises touristiques et du transport aérien en Afrique n’est pas une fin en soi, mais une condition gagnante de l'Internet du futur pour permettre au tourisme africain de prendre son envol. Depuis la fin de la guerre froide, la géopolitique du risque du tourisme et transport aérien en Afrique comme problématique sociale, culturelle et même morale a été profondément changé par l'idée de puissance des acteurs d'interfaces de la communication touristique qui réémerge par le seuil qualitatif qu'offre le numérique dans les sociétés africaines. Cet état de situation donne aux entreprises africaines du tourisme et du transport aérien des formes d'expansion nouvelle. C'est dans cette perspective que l'économie politique des firmes-mondes de type GAFA-BATX-NATU doit aussi être une économie rigoureuse, réaliste et a-idéologique au service des sociétés africaines.

La première vérité de la Conférence est que dans l'Internet du futur les petits joueurs africains du tourisme et du transport aérien pourront concurrencer les géants du web de type GAFA-BATX-NATU en autant qu'ils n’aient pas peur de montrer les crocs et de mettre du tigre dans leur stratégie. Ce scénario est rendu possible grâce à la technologie de la 5G reconnu comme plus économe en énergie et favorable à la protection de l'environnement que l'Internet fixe. La deuxième véritée est se demander ce que les entreprises africaines peuvent faire de mieux dans le tourisme et transport aérien et cela sur les cinq continents. À tort elles croient qu'elles doivent se doter des mêmes forces que les géants du web qui s'expriment par le contrôle exclusif d'une chaîne scientifique, technologique et industrielle dédiée au numérique et une communauté du renseignement dotée d'une diversité et d'une ubiquité.

La troisième leçon et non la moindre est de penser au-delà des frontières. En Afrique, les gens d'affaires aiment que les choses restent à un niveau local et modeste. Les entreprises qui deviennent importantes sont aujourd’hui encore décriées. La quatrième leçon à retenir est de surveillez la vague de l’intelligence artificielle. À cet égard, les universités africaines forment déjà une partie des entrepreneurs qui créer des logiciels viables, et c’est comme ça que l'écosystème africain continuera de croître. La cinquième leçon est surtout de ne pas écarter le passé. Un bon exemple est le courrier et le commerce électronique. Il y a cinq ans, on pensait que l’époque du courrier postal était terminée, que plus personne ne s’en servirait pour ses envois. Aujourd’hui, tout le monde reçoit des colis. Parfois, il suffit d’un nouveau contexte pour renverser les choses. 

Table 1

Le Cadre du plan d'action pour le développement
du tourisme et du transport aérien en Afrique 2019-2021 




lundi 25 mars 2019

Les Rendez-vous 2019 de la CLIA et de la SCG face à la géopolitique du risque et aux nouveaux défis du numérique


Source : Gilles Couture, journaliste, le 24 mars 2019.Photo du haut à gauche : La source de la croissance du tourisme de croisière à travers la fable de Robinson Crusoé. Photo du haut à droite : Le Comité directeur des Rendez-vous 2019 Cruises Lines International Association CLIA et Seatrade Cruise Global SCG qui auront lieu du 2 au 11 avril à Fort Lauderdale et Miami.Photo du bas à gauche: Le rocher Percé et l'île Bonneaventure au Québec.Phot du bas à droite : La sécurité à bord des navires de croisière, Webcroisières, spécialiste des croisières sur Internet depuis 2003

Actuellement, les études sur la géopolitique du risque du tourisme de croisière sont peu nombreuses malgré la création en 2016 d'une Chaire de recherche à l'ENS-Paris, en coopération avec le Groupe AXA et les universités de Copenhague, Bruxelles et Chicago. Lorsqu'elles sont couplées avec les nouveaux défis du numérique, elles suscitent toutefois un intérêt grandissant. L'ordre du jour des ateliers, formations et conférences des Rendez-vous 2019 de la Cruises Lines International Association CLIA et de la Seatrade Cruise Global SCG du 2 au 11 avril à Fort Lauderdale et Miami le prouve à maints égards. Car l'état de situation des projets digitaux du tourisme de croisière présente des opportunités autant pour les entreprises en phase de démarrage du circuit marchand des données de masse appliqué aux médias socionumériques (figure 1) que pour les acteurs d'interfaces de la communication touristique (schéma 1)
 
Désormais la force des usages est de gommer les limites institutionnelles et théoriques d’un espace, de ne plus être contraint par le temps, et d’adapter l’offre et la demande en fonction de la météo, de la disponibilité ou la proximité par rapport à un lieu (Sangla, 2017; IFTM, 2018; Winter, 2018; Small, 2019). Non seulement les filières, tourisme urbain, de littoral, de mémoire, etc. se prêtent bien au circuit marchand des données de masse appliquée aux médias socionumériques du tourisme de croisière, mais elles permettent aux acteurs d'interfaces de structurer l'offre touristique et commerciale complémentaire à partir d'un téléphone intelligent ou d'une tablette. De plus, les nouveaux acteurs d'interfaces visent avec la technologie 5G comme facteur d'un avantage compétitif à servir d’interface entre tous les objets connectés et à rendre obsolètes les équipements internet fixes GAFA-BATX-NATU (Fiorina, 2019).

Mieux encore, dans l'éditorial du magazine Le Point du 7 février, l’économiste Nicolas Baverez fait de la 5G l'enjeu de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Avec des implications multiformes la 5G bouleverse la géopolitique du risque comme problématique sociale, culturelle et même morale (Burgess, 2017) et contribue à maintenir les études de sécuritisation dans une impasse (Johnson, 2018; Balzaaq, 2018). La guerre de la 5G est loin d'être terminée car l'écosystème fiscal des cycles technologiques courts lui est favorable. C'est pourquoi la Chine et la Russie estiment que la régulation de la 5G relève des gouvernements, tandis que l'OCDE et la Silicon Valley croient que les firmes-mondes de type GAFA-BATX-NATU sont devenues des acteurs dont la puissance rivalise avec celle de petits États doivent aussi faire partie du processus d'encadrement du cyberespace.

Dans ces conditions, que faire? les Rendez-vous 2019 CLIA-SCG doivent-ils supporter la Commission européenne dans son intention d'adopter de nouvelles normes visant à bannir les équipements chinois prodigues en programmes malveillants, portes dérobées et micropuces permettant d'accéder à distance à des dispositifs d'information? Ou soutenir le concept de l'identité numérique devenue un actif clé pour la souveraineté des États et des individus? En consacrant une chaire de recherche à ce sujet Télécom ParisTech et Thales confirment que cette fiction pourrait devenir une nouvelle réalité du début du XXIe siècle, d'autant plus que l'utilisation de la chaîne de blocs au profit du citoyen (Bouzidi, et al. 2018) sera aussi prépondérante, dans la suppression des frictions, qu'elles soient d'ordre administrative ou dans le circuit marchand des données de masse appliqué aux médias socionumériques dans une perspective d'une ontologie sociale de la firme.


Figure 1


Schéma 1



Références bibliographiques

Sangla, Marie-Hélène. MOOC Le programme Miro, L'Eurorégion Pyrenées-Méditerranée : un laboratoire des nouveaux enjeux du tourisme culturel : Le tourisme culturel aujourd'hui : quels enjeux, Université de Perpignan, Module introduction, 2017-2018

IFTM Top Resa 2018, Dossier de presse, Portes Versailles, 25 au 28 septembre, Paris, 202 pages

Entretien entre Emmanuelle Winter, représentante Tourisme du Nouveau-Brunswick, et
Gilles Couture, journaliste, sur le défi du numérique des croisières culturelles de 50 à 400 passagers, IFTM Top Resa, Paris, 27 septembre 2018

Entretien entre Steven Small, administrateur Routes Americas 2020, INDY, État de l'Indiana, et Gilles Couture, journaliste, concernant le défi numérique du tourisme et du transport aérien en Afrique, Routes Americas 2019, Centre des Congrès de Québec, 12 février 2019

Fiorina, François, Géopolitique de la 5G, Le choc sino-américain autour de l'Internet du futur, Grenoble École de management, Note hebdomadaire 223, 14 février 2019, 3 pages

Burgess. Peter, Géopolitique du risque : le nouvel âge de l'incertitude, Le Fond AXA pour la recherche et ENS de Paris, ENS de Paris, Paris, 2017, 4 pages

Entretien entre Bill Johnson, président de la Conférence de Miami 2019, Forum économique international des Amériques FEIA, et Gilles Couture, journaliste sur la géopolitique du risque de Donald Trump comme problématique sociale, culturelle et même morale, Conférence de Paris 2018, FEIA, Siège social de l'OCDE, Paris, 3 octobre 2018

Balzaaq, Thierry, Théories de la sécuritisation 1989-2018, Revue Études internationales, no 1, volume 49, mai 2018, renouveler la sécuritisation : théories et pratiques Page 75 à 100


Bouzidi, Djellil, Frossard, Thibaud, Mainelli, Michael, Matet, Simon, L’identité numérique : un usage de la blockchain au profit du citoyen, Terra Nova, Paris, 2018, 28 pages


dimanche 10 juin 2018

Dans le cadre du G7 2018 de Québec, des institutions 
de financementdu développement IFD du monde s'engagent à réunir trois milliards de $US et à investir cette somme dans les femmes partout dans le monde.


Source : G7 2018, Charlevoix au Québec, 9 juin 2018, Centre international des médias du G7 2018 : de gauche à droite, Ambassadeur Naby Laye SYLLA., directeur NLS AB Conseil, félicitant Mme Marie-Claude Bibeau, ministre du développement international et de la francophonie du Canada, pour l'implication de la présidence canadienne du G7 2018 dans l'organisation du Défi 2X du financement pour les femmes.

Malgré la sortie avec fracas du président américain Donald Trump du communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada) et la confirmation de représailles de la part du Canada pour juillet 2018, le Sommet G7 2018 a quand même permis à Mme Marie-Claude Bibeau, ministre du développement international et de la francophonie du Canada et à M. Paul Lamontagne, directeur de FinDev Canada d'annoncer l'intention de réunir d'ici 2020 en coopération avec les représentants des institutions de financement du développement IFD des pays du G7, entre autre par l'intermédiaire de la plateforme en ligne Défi 2X du financement pour les femmes www.2xchallenge.org, trois milliards de $US afin de promouvoir et bonifier le statut des femmes sur les cinq continents. 

L'objectif principal est de mobiliser des capitaux privés sous forme de prêts commercial et industriel dans une proportion de deux $US pour un $US de capital social et ou de fonds et deniers publics afin de débloquer les ressources qui contribueront à l'essor des femmes comme entrepreneures et dirigeantes d'entreprise. Pour réaliser le montage financier, les IFD des pays membres du G7, à savoir FINDEV du Canada, Groupe CDC du Royaume-Uni, OPIC des États-Unis, CDP d’Italie, PROPARCO de France, BIC et JICA du Japon, et DEG d'Allemagne, prévoient utiliser des instruments financiers novateurs qui offrent aux femmes des pays en voie de développement un accès à des occasions de leadership, des emplois de qualité, du financement et du soutien à l'entreprise dans une perspective de croissance inclusive et durable. 

Des études et recherches empiriques mettent en évidence et démontrent que les femmes des pays en développement jouent un rôle clé dans la prospérité économique et la stabilité mondiale. Dans son rapport de 2015 intitulé The Power of Parity: How advancing women’s equality can add $12 trillion to global growth, le McKinsey Institute prévoyait une croissance inclusive et soutenable du PIB de 700 milliards de $US pour l’Afrique subsaharienne et de 2600 milliards de $US pour l’Amérique latine, d’ici 2025, si l’écart entre les sexes est comblé. Un an plus tard, soit en mars 2016, toujours dans une perspective de croissance inclusive et durable prévue du PIB dans le monde, pour 2025, passerait plutôt de 12 à 28 milliards de $US, selon le Stanford Social Innovation Review, si l’écart entre les sexes était comblé. 

Pour l'Ambassadeur Sylla Naby Laye, directeur NLS AB Conseil, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes doit faire partie de l’ordre du jour des prochains G7, dont celui de Paris 2019. Car de manière globale il ne peut y avoir de croissance inclusive et durable si la moitié de la population mondiale est laissée pour compte par les pays du G7. C'est pourquoi le projet Défi 2X du financement pour les femmes doit viser à terme la participation et un leadership égaux des femmes dans tous les secteurs d'activités économiques. Comme moyens novateurs, la direction du Défi 2X du financement pour les femmes dispose de financement mixte pour soutenir des investissements et des initiatives qui offrent aux femmes des pays en voie de développement un accès à des occasions de leadership, des emplois de qualité, du financement et du soutien à l’entreprise. 

Le sommet du G7 aura aussi donné des résultats, avec des milliards de dollars à la clé pour les jeunes filles des pays en développement. Dans ce domaine le Canada, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon, l’Union européenne et la Banque mondiale se sont engagés à consacrer 3,8 milliards de $US à l’éducation des filles au cours des cinq prochaines années. De ce montant, le Canada versera 400 millions sur trois ans, bien que seulement la moitié de cette somme constitue de l’argent frais. Sauf que la Banque mondiale octroiera la part du lion, soit 2 milliards de $US en cinq ans. L’Italie, la France et les États-Unis ne font pas partie de l’annonce. Les autres partenaires ont tous des investissements significatifs en éducation des jeunes filles et n’étaient pas prêts à ce moment-ci à prendre un engagement spécifique pour les filles dans les situations de crise.

jeudi 7 juin 2018


Le G7 2018 : 

une synthèse critique



                                          Source : G7 2018 Québec, Canada


Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse il y a plus de dix jours selon certaines sources de l'auteur que la Déclaration du G7 2018 de la Malbaie au Québec est écrite. Dans les faits, elle est une copie-coller de celle du G7 2017 puisque la position de Donald Trump sur l'Accord de Paris et le protectionnisme n'a pas changé. De plus, rien, absolument rien, sur la modernisation des règles de l'OMC, entre autre en rapport avec la surproduction d'acier et d'aluminium de la Chine. Le laissez-faire des gouvernements des pays membres du G7 rappelle la loi Smoot-Hawley promulgué aux États-Unis le 17 juin 1930 qui avait joué un rôle important dans les conflits économiques, et finalement militaires, de la décennie suivante.


Cette fois encore les apparences seront sauvées, ainsi que la morale politique du G7, mais à quel prix. Ce pourrait être l’histoire du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. Inspirés par les priorités adoptées par Justin Trudeau comme président du G7 2018, les recommandations des groupes consultés par les sherpas soient le B7 (les chambres de commerce), le L7 (les syndicats), le W7 (les femmes), le S7 (les sciences), le T7 (les think tanks), le C7 (la société civile) et le Y7 (les jeunes) sur le développement humain, la sécurité des données, la sécurité numérique, le commerce progressiste, la croissance durable, la fiscalité équitable, l'environnement et la protection des océans ne recevront pas de réponses véritables, en terme de budgets, de plans de travail et d’échéanciers.

C'est pourquoi la priorité des prochains G7 doit passer de la grille d'analyse de la métaphore du village global à celle qu'appelle la logique d'empire du grand historien, feu Harold Innis. À maints égards, la perspective d'un nouvel empire des données a été évoqué lors du Sommet numérique de Tallinn de 2017. De nos jours, les données collectées par les nourrissent les algorithmes qui déterminent les conditions d'accès à un crédit ou à un emploi, prévoient le décrochage scolaire, détectent les profils à risque terroriste, et repèrent les prédispositions à certaines pathologies. Mieux encore, de plus en plus d'organisations prennent conscience que les données ne sont plus qu’une résultante des processus d’affaires et voient davantage les données comme un actif stratégique et géopolitique.

Grâce aux progrès des technologies de traçabilité, de géolocalisation, de captation et de computation des grandes bases de données, les géants du web autant américains que chinois collectent des données et les croisent pour générer de la valeur. Dès lors, la géopolitique des services financiers appliquée à l'analyse économique du droit bonifie le décryptage des rivalités de pouvoir sur des territoires et des populations difficilement séparables des concepts de rareté, de coût d’opportunité, de bien collectif, d'externalité, de risque moral, de coûts de transaction, d'anti-sélection, de bastion, de resquillage, de comportement opportuniste.

L'enjeu est de faire évoluer la finance vers l'allocation des ressources au service d'un développement inclusif et soutenable. En la matière, seule une approche pluridisciplinaire permet d'envisager ces nouveaux rapports de force entre États, plateformes, consommateurs et citoyens. La réconciliation des dynamiques économique, sociale, environnementales, culturelle, et spatiale dans le cadre des prochains G7 permet de donner la parole aux gouvernements, à la société civile et au secteur privé en matière de choix technologiques et d'hébergement des données. La grande difficulté est la recherche désespérée d'une logique territoriale ou nationale d'un droit monétaire et financier international pour en décrypter le fonctionnement et apprécier les règles qui peuvent l'encadrer.

Enfin savoir qui possède les données détermine si la démocratie, la prospérité économique, le modèle social participatif sont compatibles pour favoriser l'émergence d'un droit à l'accès à Internet et à la protection des données. Ce point de vue transcende les intérêts fiscaux des États des pays membres du G7 pour s'inscrire dans une vision globale de la notion de citoyenneté numérique. Désormais le XXIe siècle ne peut plus ignorer la mise en valeur des communs et l'octroi de droits de propriété sur les données. Car à l'image de la manufacture d'épingle d'Adam Smith les données personnelles traversent les frontières, et ce sur les cinq continents. Et pour cause.


  

Source : Olha Polishchuk, Drapeaux des pays G7, bouton avec cadre métallique et ombre

vendredi 15 décembre 2017

Le secteur canadien des services financiers et la chaîne de blocs

Le secteur canadien des services financiers est un marché de plus en plus porté par la technologie de chaîne de blocs, blockchain, en anglais (voir Schéma 1). Cette technologie est défini ici comme un registre mondial d'opérations partagés ou distribués sur un réseau d'ordinateurs participants. De manière globale, elle remplace certains systèmes transactionnels, comme les systèmes de paiement de base, et fait naître de nouveaux produits, tels que les contrats dits intelligents qui s'autoexécutent (Wilkins, 2016). Ou mieux encore, dans le Web 3.0, elle fera subir au système financier canadien ce qu'Internet a fait aux médias depuis le début des années 1990 (Ito, 2017).  

Le chemin à parcourir pour les grappes FinTech canadiennes reste important pour trouver les bons cas d’usage et transformer la chaîne de blocs en de nouveaux produits et services financiers accessibles à tous (voir Tableau 1). 
La capacité du secteur canadien des services financiers à inventer de nouvelles formes de distribution et de valorisation demeure tributaire des modèles d’affaires des géants du Net Google-Apple-Facebook-Amazon. Aujourd'hui encore, une partie de l'investissement des géants du NET vise à identifier des solutions de contournement aux limites du nombre de transactions par seconde, la consommation énergétique et le temps ou période de latence entre la fin d'un événement et le début de la réaction à celui-ci. 

Les autres investissements alimentent un écosystème d'entreprise qui expérimente la chaîne de blocs en tant que solution technique d’un nouveau mode de fonctionnement, ou d’un nouveau service. Pour être en mesure d’identifier un tel cas d’usage dans une grappe d'innovation, il faut mettre en œuvre une démarche qui implique des responsables métiers et techniques qui dispose d’une fine compréhension des architectures traditionnelles, mais également des mécanismes internes de fonctionnement de la chaîne de blocs. L’enjeu est de trouver le bon mécanisme de contrôle, décentralisé, avant l’enregistrement de nouvelles transactions, ou données, au registre. 

C'est dans cette perspective que les États-Unis ont commencé en 2016 à accorder des licences bancaires aux plateformes de prêts en ligne et autres technologies financières offrant des activités de dépôts, de chéquiers et de prêts (Syracuse, 2017). C'est aussi dans ce contexte que le gouvernement de Justin Trudeau doit justifier l'implantation de la Banque de l'infrastructure du Canada BIC à Toronto sans qu'aucune agence ne soit implantée à Montréal. L'écosystème FinTech MaRS de Toronto est ainsi en accélération et a le potentiel d'accroître son influence au sein des grands centres financiers mondiaux au détriment des autres écosystèmes FinTech, et cela, d'Halifax à Vancouver (Bradshaw, 2017; Greenwood et Steenhoven
, 2017).



Joichi Ito, Neha Narula and Robleh Ali, The Blockchain Will Do to the Financial System What the Internet Did to Media, Harvard Business Review, 8 mars 2017, 5 pages
Carolyn Wilkins, « Les technologies financières et l’écosystème financier : évolution ou révolution? » (discours devant Paiements Canada, Calgary [Alberta], 17 juin 2016). [www.banqueducanada.ca/2016/06/technologies-financieresecosysteme-financier-evolution-revolution]
Dana Syracuse, DC Blockchain Summit 2017, Legal update, Washington, march 2017, page 8
Joe Greenwood Joeri van den Steenhoven, The Rise of The Hub, How innovation is moving downtown, MaRS Discovery District, Toronto, March 2017, 20 pages
James Bradshaw, Sillicon Valley Bank sets sights on Canada, Report on Business, Globe and Mail, May 5, section B1





Schéma 1
Processus d'une chaîne de blocs pour laquelle une transaction se
résume en fait à trois informations : qui donne quoi à qui.




Tableau 1
Portrait des secteurs dans lesquels les FinTech canadiennes exercent leurs activités



Source : Rapport Ernst Young, Comment accélérer l'essor de l'écosystème FinTech à Montréal, Montréal, 2017 page 14